Culture Street art

Le street art en 4 questions

14 juin 2017
Dans les yeux de gus- Photo art urbain aime la vie - Ivry parc des cormailles
5/5 (9)

Le street art, une histoire de cœur. Ça se voit non ? ^^’

Dès que je tombe sur une œuvre qui me plaît ou qui m’inspire, il faut à tout prix que je la prenne en photo. J’avoue que je les guette régulièrement sur mon trajet, pour en repérer de nouvelles. Ça explique, en partie, pourquoi qu’il n’y a que ça sur mon Instagram pour le moment …

Alors, comme c’est un mouvement artistique qui me tient à cœur, je me devais de t’en parler un peu, de te raconter ce que j’ai appris sur le sujet. Si tu accordes autant d’intérêt que moi à cet art, je serai ravie d’en discuter !

Mais tout d’abord, qu’est-ce que c’est ? Il est vrai que je ne m’étais jamais vraiment posé la question. Pour moi ce mot représentait l’ensemble des œuvres, signatures, marques artistiques ou graphiques éphémères présentes dans l’espace publique. Mais sa définition est bien plus profonde et complexe en réalité. Comme le précise le site bansky-art.com « Le terme englobe la pratique du graffiti, du pochoir, de la projection vidéo, de la création d’affiche, du pastel sur rues et trottoirs. Le terme « street art » est habituellement utilisé pour distinguer une forme d’art d’un acte de vandalisme réalisé par un individu ou un groupe d’individus qui défendent leur territoire, qui expriment par le billet du graffiti leur appartenance à un groupe ou encore qui désirent passer un message qui n’a aucune valeur artistique. » Je pense que cette notion-là permet de clarifier certaines prises de position, qui je trouve, ne sont pas toujours fondées.

 

Le street art, art ou vandalisme ?

Quand il s’agit de caractériser l’art urbain, deux écoles se confrontent. Ceux qui le jugent artistique, comme un moyen d’expression, et ceux qui considèrent qu’il détériore l’espace publique, que tous les graffeurs sont des vandales.

En France, la pratique du street art « sauvage » est interdite et même passible d’amende et de prison (parfois jusqu’à 5 ans et 75 000 € d’amende !!) mais ce n’est pas le seul pays à l’interdire. Il y a quelques années, la Loi anglaise a sanctionné très durement des artistes membres du collectif DPM pour avoir recouvert une façade de la Tate Modern, de fresques géantes. L’argument de la Cour était de dire qu’ils avaient dégradé un bien public appartenant à autrui. Puis, le nettoyage a coûté plus d’un million d’euros aux contribuables … j’avoue que là il y a de quoi râler un peu ^^

Toutefois, cette pratique est de plus en plus tolérée et des murs dédiés sont à présent mis à disposition par les municipalités. Il y en a un connu sur Paris, dans la rue Oberkampf créé par l’Association MUR (« Modulable, Urbain et Réactif ») à la place d’un grand panneau publicitaire.  Tu peux d’ailleurs y passer tous les quinze jours pour y voir de nouvelles œuvres réalisées par différents artistes.

Dans les yeux de gus-photo mur Callizo- Paris 11eme 2016Photo prise rue Oberkampf à Paris en 2016.

Pour autant, les artistes n’en sont pas tous fan et certains préfèrent prendre des risques et peindre dans l’illégalité.

Pour ma part, je le vois comme moyen d’expression pour faire passer des messages percutants, pour mettre un peu de couleur sur les murs bétonnés, pour admirer l’art autrement qu’en galerie ou musée et le talent d’artistes méconnus.

 

D’Europe ou des États-Unis ?

On pense souvent que le street art est né aux États-Unis, mais on fait une confusion avec le graffiti, pratique révélée outre atlantique dans les années 70. Selon la galerie Speerstra, tout aurait commencé à Philadelphie avec les premiers « writers » Cornbread et Cool Earl. Ce phénomène s’est rapidement installé à New York. Les rues, les transports, tunnels et tout ce qui pouvait être taggué s’est retrouvé couvert de peinture. De cette époque, il y a un nom qui revient souvent, Taki 183, un des précurseurs de la pratique, dont le pseudonyme est devenu célèbre (Taki, surnom issu de son prénom grecque et 183, du numéro de sa rue). Il fut copié par de nombreux jeunes en quête de leur minute de gloire, la concurrence battit son plein, à tel point que le réseau de métros de New York fut saturé. Devant cette prolifération de tags (signatures), le Maire de New York se mit à faire la chasse aux graffeurs. Ce fut le début des sanctions, du contrôle des boutiques de fournisseurs en matériel (bombes, peintures, rouleaux etc…), le grand nettoyage des wagons du réseau métropolitain.

En réalité, des graffitis ont été retrouvés sur des vestiges de la Grèce Antique et à Pompéi, donc c’est bien plus vieux que les années 70 😉.

Dans les yeux de gus-photos fresque Marley - San FranciscoPhoto prise à San Francisco en 2014.

Concernant l’art urbain et ses origines, en tout cas, tel qu’on le connaît de nos jours, il serait né en Europe dans les années 60. Le graffiti quant à lui, en est une composante. En France, on le considère comme un art à part entière avec une valeur intellectuelle, notamment parce qu’il peut faire référence à la politique ou à une critique de la société. D’ailleurs, il fut une espèce de purgatoire pour les citoyens de l’ouest qui ont exprimé leur désaccord sur le mur de Berlin, séparant l’Allemagne de l’Est et de l’Ouest.

Dans les yeux de gus- Photo fresque - Mur de Berlin Dans les yeux de gus- Photo graffitis - Mur de BerlinPhotos du mur de Berlin prises en 2012.

 

Codifié ou anarchique ?

Bien qu’on ait l’impression que le street art soit une accumulation désordonnée de graffs, pochoirs, peintures, sculptures, il n’en a pas moins un véritable code de conduite.

Tout d’abord, le vocabulaire ! Si les mots Crew, drips, cellograff, toyer, jam ne veulent rien dire pour toi, le site stripart.com a créé un abécédaire du langage employé par les artistes de la rue (les mots vont jusqu’à Y, il n’est pas exhaustif et ça montre bien que leur jargon est riche). Pour aller y jeter un œil, clique ici.

Ensuite, on ne peint pas partout, ni n’importe comment. Tu ne verras normalement, pas de créations sur les écoles, les maisons privées et les lieux religieux. Il est également mal vu de peindre sur l’œuvre d’un autre artiste si la technique employée n’est pas techniquement meilleure. En gros, pas de gribouillis sur un chef œuvre parce qu’il y a une vraie hiérarchie en place. Toutefois ça arrive ! Tout le monde ne respecte pas les règles… Celui qui enfreint ce principe se voit recouvrir tous ses tags par des œuvres de l’artiste qui a été offensé. On dit qu’il s’expose au « beef ».

La signature c’est pour la vie. C’est quand même mieux pour être reconnu auprès de ses pairs et gagner progressivement en popularité. De ce que je sais, ils s’entraînent à bien la travailler, jusqu’à ce qu’elle soit parfaite. Mais je peux me tromper, corrige-moi si je dis des bêtises.

Enfin, je n’ai pas cité tous les codes existants parce que l’information n’est pas évidente à trouver. Par contre, si tu en as d’autres en tête, je peux les rajouter !

Dans les yeux de gus-photos Toys ta mère - Paris Dans les yeux de gus-photos rue Belleville- ParisPhotos prises à Paris dans le quartier de Belleville en 2016.

 

En galerie ou dans la rue ?

De toute évidence, l’art urbain vient de la rue. Mais est-ce qu’il doit y rester ? Selon certains, les street artistes qui exposent leurs œuvres en galerie ont vendu leur âme au diable. Notamment parce que peindre dans la rue ça signifie pleins de choses en même temps : c’est l’adrénaline de ne pas se faire prendre par les autorités, c’est un moyen de toucher tout le monde sans distinction de classe sociale, d’âge etc. De toucher un public pas forcément initié et de garder le caractère éphémère qui rend cet art poétique. En exposant dans les espaces clos, c’est comme s’il perdait un peu de son essence, de son identité.

D’un autre côté, ça a aussi permis de valoriser cet art au travers de grandes expositions dans des musées comme le Grand Palais où c’était « incroyable » que ce soit autorisé. Puis ça a donné l’occasion à des talentueux de vivre de leur passion et je trouve ça top ! Ce n’est déjà pas donné à tout le monde, alors heureusement que quelques-uns qui y arrivent.

Dans les yeux de gus-photos Kashink - ParisPhoto prise à Paris dans le quartier de Belleville en 2016.

Conclusion, moi aussi au collège je taguais ma paillasse en cours de techno, j’ai également gravé mes initiales sur quelques arbres et bancs publics. Évidemment, je ne cherchais pas la gloire mais c’était une façon de laisser ma trace quelque part, de dire que j’étais passée par là. Aujourd’hui j’aime me balader et découvrir de nouvelles pièces à chaque coin de rue.

Tu connais des spots incontournables du street art ? Partage en commentaire ! 😉

 

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